Et pourtant, les rues de Buenos Aires ont vu défiler un certain nombre de curiosités, des femmes à barbe, des chiens noirs du Mexique et des singes à cul nu, pour parodier Boris Vian, mais ce couple attirait l’attention de tous.
Rien de bien particulier. Elle, la trentaine, le visage dur et marqué par des excès de toutes sortes, un corps somptueux, un cul à satisfaire un régiment entier qu’elle arborait nu sous un short blanc transparent. Des cheveux décolorés, les racines oubliées depuis un certain temps montraient quand même qu’elle n’était pas à l’apogée de sa profession.
Lui, la soixantaine joviale, trapu, le visage poupin, une tonsure naturelle entourée d’un demi-cercle de cheveux blancs m’a tout de suite fait penser à ces moines souriants et bons vivants que l’on voit sur les boîtes de camembert. Sa peau était d’un blanc rare, le short qu’il portait laissait à nu des jambes couleur cachet d’aspirine qui se terminaient par de grosses sandales et une paire de chaussettes noires en laine tout à fait incongrues sous ces tropiques.
Rien, a priori, dans cette cité interlope de tradition, pour attirer particulièrement l’oeil d’un passant blasé. Et pourtant, les yeux s’agrandissaient, les bouches béaient, les têtes se tournaient à leur passage.
Il me fallut un certain temps pour comprendre. Et puis soudain, je me suis rendu compte de cette atteinte à la bienséance, de ce crime de lèse-savoir-vivre, de cette insulte faite aux âmes bien-pensantes.
Ils se tenaient par la main comme deux enfants, ils avaient l’air heureux. Les salauds !








Chapeau bas!
tout simplement génial
j’adore le final
“les salauds”
Pardonne mon mauvais esprit, mais ca ne serait pas la pute du quartier?
La fausse pudeur argentine m’amuse aussi (je me suis deja fait engueule pour avoir ote mon t shirt en jouant au tennis au plus chaud de l’ete), mais je ne me souviens pas d’avoir attire l’oeil en tenant une fille par la main.
Il est évident que c’en était une