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L’affaire Noble Herrera n’en finit pas de remuer l’Argentine : Marcela et Felipe, adoptés par la puissante patronne du groupe de presse Clarín, sont sans doute des enfants volés dans les geôles de la dictature Videla, à la fin des années 70.

Ils refusent que l’on procède à des test ADN pour établir leur filiation avec l’une des familles de disparus.

Jeudi, la Cour de cassation a confirmé qu’il devra être procédé au prélèvement d’échantillons d’ADN, avec ou sans leur consentement.

La décision est assortie toutefois d’une date limite dans les comparaisons avec les profils génétiques des familles de disparus : la date d’adoption de chaque enfant (mai et juillet 1976), ce qui reviendrait à rechercher leur filiation chez seulement une vingtaine de familles.[…]

À lire :Guerre d’ADN pour deux enfants de la dictature argentine | Rue89.

Les charges de copropriétés ont été multipliées par trois ces dernières années. Tout cela à cause de l’augmentation des salaires des concierges de manière générale.
Mon concierge, je devrais dire, mes concierges gagnent plus qu’un médecin dans un hôpital et le double qu’un enseignant. Salaire brut le mois dernier 12900 pesos soit 3225 US$.
Lorsque vous recevez les charges à payer n’apparaît que cette somme. Je vous recommande d’exiger de votre syndic une copie du bulletin de salaire et là vous allez comprendre pourquoi.
Depuis des années, bien que la loi oblige les employeurs à ne pas dépasser 320 heures supplémentaires par an et par employé, une loi votée à l’époque de De La Rua pour diminuer le chômage, mon concierge bénéficie de plus de 120 heures supplémentaires par mois, dimanche, jours fériés, etc., etc.
Après consultation d’un juge spécialisé dans le droit du travail, on se trouve dans le plus mauvais cas de figure :
1 — on est en faute vis-à-vis de la loi du travail
2 — Ces heures supplémentaires payées sont considérées comme un droit acquis pour le salarié et en aucun cas son salaire ne peut diminuer.
Intéressant cas de figure, car seul le syndic est considéré comme l’employeur et la copropriété comme le payeur.
Il faut donc absolument exiger du syndic qu’il mette fin à cette gabegie. Les concierges iront aux prud’hommes et vont gagner me direz-vous.
Oui, mais :
Les heures supplémentaires vont se transformer en prime due aux salariés pour compenser une perte de salaire et vont se liquéfier avec les augmentations qui continuent à sévir dans une société qui n’a pas su maîtriser son inflation. La somme qu’il faudra payer chaque mois pour ne pas diminuer le salaire des intéressés sera moindre à chaque augmentation.
Ensuite ou en même temps il vous faudra vous en prendre à la responsabilité civile professionnelle de votre syndic. Vous allez gagner, pas certain qu’il vous paiera, mais de fortes chances quand même. Cela implique un autre procès.
Et pour ce qui est des heures à faire de nuit et les jours fériés, tertiarisez le problème et prenez une société de services.

Voilà où nous en sommes de nos réflexions, il est possible que je sois par trop pessimiste ou optimiste. À suivre…

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Soir de lune

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L’escroquerie se porte bien dans la famille des opérateurs de téléphonie mobile. Personal avec son plan Black fait certainement partie de mes favoris au concours de la mauvaise foi.
Tous les ans vous disent-ils, lorsque vous avez ce plan, le plan black, les couleurs c’est comme pour les cartes de crédit, il y a la normale, la dorée, la platine et enfin la black, vous avez le droit à changer votre appareil pour celui que vous voulez avec une réduction de 50 %.
C’est ainsi que l’an passé, nous avons acheté un iPhone 3GS. Il y a quelques jours j’ai donc téléphoné chez Personal Black, ils ont un numéro de tél spécial pour la clientèle black et de ma plus belle voix, je demandais :
— Bonjour Madame la marchande, cela fait un an que j’ai mon abonnement black et je voudrais changer mon tel pour un iPhone 4 à moitié prix comme le dit votre publicité.
— Monsieur, me répondit-elle, cette promotion n’existe plus. Elle n’est plus valable.
— Vous devez faire erreur lui répondis-je, elle existait quand j’ai pris mon abonnement et comme c’est une promesse à un an, même si entre-temps vous l’avez cessé, vous me la devez.
— Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, c’est terminé. Enfin… ce n’est pas vraiment terminé, si vous voulez un autre appareil du même prix ou même plus cher on vous fera les 50 %.
Comme je suis d’un tempérament gentil, c’est bien connu, je lui demandais :
— En fait vous n’avez plus d’iPhone 4.
— Si, si nous en avons, mais on ne veut pas les vendre à 50 % sur le plan Black.
— Et moi comment je fais ?
— Vous ne voulez pas un Nokia ?

Nous sommes donc en pleine escroquerie, les images qui suivent montrent qu’aujourd’hui encore on vend du plan Black avec des iPhone 4 et une promesse de changer d’appareil tous les ans à 50 % du tarif.

Merci de bien vouloir diffuser amplement cette information à laquelle j’ajouterai une traduction espagnole dans la journée.

publicité toute fraîche, plan Black et iPhone 4

publicité toute fraîche, plan Black et iPhone 4

la promotion existe toujours pourtant

la promotion existe toujours pourtant

«Bien qu’il soit terrible de l’admettre, nous dit-il, la vie s’écrit directement, sans brouillon, et il ne nous est pas possible d’en corriger les pages.»

Lire Un soir de Sabato – L’EXPRESS.

9. Miguel
Les deux jeunes femmes s’enfoncèrent dans leurs fauteuils.
– Oscar nous aime beaucoup, précisa Samantha. Depuis huit mois, il nous protège des autres lieutenants de Miguel, qui ne comprennent pas pourquoi
il a deux femmes chez lui. Mais pour Oscar, les femmes… Ce n’est pas son truc.
– Ah bon, dis-je, rassuré. Il est gay !
Tout devenait logique, et d’un coup, je compris les hésitations d’Oscar. La société est toujours dure et injuste avec ceux qu’elle ne comprend pas,
souvent par manque d’intelligence et de culture, parfois à cause de préjugés véhiculés par les différentes églises et, plus souvent qu’on ne croit, par
peur de trouver dans cette différence un plaisir inavouable. Que dire de la société dans laquelle je me trouvais aujourd’hui ?
Je comprenais aussi pourquoi Oscar ne pouvait demander lui-même à son chef de libérer les deux danseuses. Restait tout de même à connaître la position et les obligations de Miguel vis-à-vis des deux Vénézuéliennes.
Samantha et Anita me regardaient, la bouche bée, comme si j’allais trouver une solution immédiate à leur problème, et leur annoncer tout de go la
nouvelle de leur libération. Pitié et compassion n’étant jamais bonnes conseillères, je ne leur cachai pas que ce qu’elles me demandaient était très
difficile. Sans leur donner de faux espoirs, je leur promis néanmoins de faire tout mon possible.
– Et une fois libres, où irez-vous ? les questionnai-je. Le Vénézuéla ne semble pas être une bonne idée, l’Équateur non plus…
– Nous y réfléchissons depuis longtemps, répondit Anita. Nous voulons aller au Brésil. Là-bas, il y a du travail pour des danseuses comme nous.
Je ne me faisais pas beaucoup d’illusion sur cet avenir improbable, mais le souvenir encore chaud de la soirée de la veille m’amenait à reconnaître
qu’elles possédaient des atouts certains.
Il était tard. J’étais assez fatigué mais, bien que je fusse conscient, par certaines oeillades et gestes significatifs, qu’elles étaient prêtes à s’immerger
avec moi dans un océan de luxure, je n’étais pas assez stupide pour me prêter à un petit jeu qui ne me laisserait, je le savais, que le goût de l’amertume
à la bouche…
La nuit fut courte.
Tout au long de la semaine qui suivit, Raymond fit des merveilles. J’étais surpris moi-même par ses performances, même si je savais qu’il excellait dans son boulot, qu’il avait travaillé longtemps à préparer des voitures de compétition et qu’il avait un bon diagnostic. Même la Ferrari finit par lui céder
dans l’après-midi du jeudi. Ce soir-là, Raymond se rengorgea. S’il avait été un paon, il aurait fait la roue !
Avec l’aide de l’homme à tout faire que Miguel avait mis à notre disposition, il ne tarda pas non plus à découvrir la mystérieuse raison pour laquelle certains
véhicules tombaient si facilement en panne. L’homme confessa qu’il lavait les voitures chaque matin avec un appareil de type Kärcher, ce qui, on en conviendra, ne favorisait pas le démarrage de celles-ci compte tenu de l’humidité qui se dégageait alors. Surtout lorsqu’on ne prend pas la peine
de faire tourner le moteur chaque jour…
L’avancée rapide des réparations facilita grandement mes relations avec Miguel. Dès le lundi, il vint régulièrement s’entretenir avec moi dans le grand
salon du country-club, amenant à chaque fois alcools, champagnes et vins fins. Nous discutions pendant des heures.
J’appris qu’il était né à deux pas, et qu’il était fils unique, ce qui est plutôt rare en Amérique du Sud. Sa mère était femme de chambre dans le country-
club, et il y avait passé sa jeunesse. Les propriétaires du lieu vivaient en ville, ayant confié la gestion de l’hacienda à un contremaître – un capataz –
qui non content d’exploiter les paysans du domaine, les volait et abusait de leurs femmes, faisant régner sa loi par mille injustices et coups de fouet.
Poussé par sa mère, Miguel mena une scolarité brillante, obtenant même une bourse pour aller au collège, un fait d’autant plus méritoire que l’école
se situait à plus de deux heures de route, qu’il effectuait à pied matin et soir. Fait moins glorieux, c’est aussi à l’école qu’il fit ses premières armes
de narcos, dealant avec ses camarades de classe, puis étendant peu à peu son trafic à toute la ville. D’une organisation à l’époque pas très structurée,
il gravit rapidement tous les échelons. Devenu le chef, il la fit prospérer ; entre trahisons et luttes pour le pouvoir, à mots couverts il admit avoir plusieurs
cadavres sur la conscience.
Est-ce pour se racheter, dès qu’il acquit la propriété, un domaine de plus d’un millier d’hectares acquis à un prix difficile à refuser, que Miguel y fit installer école et dispensaire ? Qu’il utilisa ses nombreux contacts avec les réseaux sud-américains pour interdire tout trafic dans sa propre région ?
Toujours est-il qu’il entretenait les meilleurs rapports avec la police locale et les dirigeants politiques de la région, qui fermaient les yeux sur ses exportations… contre une sonnante et trébuchante rémunération.
Nos échanges ne portaient pas seulement sur sa vie professionnelle, si je puis dire : jamais, par exemple, il ne me donna de détails sur la façon dont
il exerçait son business (outre ses activités de trafiquant, il possédait plusieurs commerces), et c’était très bien comme ça. Nos sujets de conversation
portaient davantage sur la manière dont un chef doit commander, ou sur nos conceptions respectives de la vie et de la mort. Un sujet qui le hantait : tout puissant qu’il fut, Miguel était bien conscient que ses jours étaient comptés.
Je passais aussi de longs moments avec Amaya. Ce petit bout de femme absolument charmante était curieux de tout, de ma vie en Équateur, de mes
voyages, de la France. Elle m’apprit qu’elle savait lire et écrire : aussitôt, je lui offris Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez, dont j’avais toujours
un exemplaire avec moi. Des conversations que nous eûmes, j’appris également que le jour où Miguel entra dans l’hacienda en qualité de maître des lieux, il fit fouetter le capataz jusqu’à ce que mort s’ensuive…
Lorsqu’il sut que sa Ferrari était réparée, Miguel nous invita, Pablo, Raymond et moi, dans sa demeure, pour un dîner familial auquel participèrent
sa femme et ses enfants. Animant chaleureusement la conversation, il parla longuement du travail qui avait été réalisé sur ses voitures, puis nous présenta
ses enfants et sa femme, qui rougissait de plaisir devant les compliments dont elle était l’objet. L’ambiance était un peu surréaliste, je dois bien l’admettre.
Le repas terminé, il pria chacun de se retirer et m’entraîna dans le sous-sol de sa maison. Là, il ouvrit une porte blindée, me fit entrer dans une pièce
qui semblait être son bureau, sortit une bouteille de cognac et deux verres.
Il s’assit sur un large fauteuil et m’invita à prendre place en face de lui.
– Je dois m’absenter à partir de demain, dit-il, en posant devant moi une enveloppe qui contenait les 5.000 dollars promis. Mais vous serez ramenés
à Loja samedi, comme prévu. J’aimerais faire autre chose pour toi, Patrick.
Tu m’as fait confiance et tu as respecté nos accords. Jusqu’à présent, personne n’avait voulu venir travailler ici.
Il y avait au fond de la pièce trois de ces énormes fûts à huile qu’on trouve dans les garages. Il ouvrit l’un d’eux : le fût était rempli à ras bord de liasses
de dollars.
– Un argent que je ne peux pas dépenser, dit-il. Tu veux plus d’argent ?
– Non merci, répondis-je. Par contre, je voudrais te parler d’autre chose.
– Anita et Samantha, tu veux dire ?
Devant ma mine défaite, il se mit à rire.
– Je sais tout ce qui se passe chez moi, Patrick. Je savais depuis longtemps qu’Oscar était gay. Mais il est de loin mon meilleur homme, celui en qui j’ai
le plus confiance. Je ne veux pas qu’il sache que je suis au courant.
Il me tendit une chemise cartonnée.
– Les deux filles sont libres. Dans cette chemise tu trouveras leurs passeports,
un billet d’avion pour le Brésil et 1.000 dollars pour chacune. J’ai parlé avec mes amis du Venezuela : les difficultés sont aplanies. Qu’elles évitent simplement d’y retourner avant quelques années. Anita et Samantha partiront avec vous, samedi, dans une fourgonnette. Et cette fois on ne
vous bandera pas les yeux…
Je devais sans doute faire un peu la gueule, me sentant surtout stupide d’avoir pensé que nous n’étions pas surveillés.
– Ne m’en veux pas, me lança-t-il en souriant. Ma sécurité est plus importante que tout.
Je me mis à rire. Il fit de même.
– Ne dis rien à personne avant demain, me prévint-il en me raccompagnant à l’étage. Demain soir, quand je serai parti, invite tout le monde et organise
une grande fête au country-club. Tout est prévu, j’ai vu Amaya.
Nous nous sommes séparés devant sa porte.
– Amaya est très heureuse de la manière dont vous l’avez considérée, tous les trois, m’annonça-t-il. Sais-tu qu’elle est ma mère ? Je n’ai jamais réussi à la
faire arrêter de travailler. Même mes hommes pensent qu’elle est morte depuis longtemps !
Il rit longuement et s’en alla.
Je suis resté seul un long moment sans bouger dans la cour de l’hacienda, puis j’ai pris la route de la maison, songeur, conscient que je venais de
croiser un de ces personnages issus de la magie des Andes…

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